Visite de Robert Badinter en Tunisie

Les 18 et 19 décembre 2013, l’ancien garde des Sceaux français Robert Badinter a participé à deux conférences relatives aux droits humains, à Tunis.


L’abolition de la peine de mort en Tunisie

À l’invitation de l’Association tunisienne pour les Nations unies, Robert Badinter a participé à la conférence-débat consacrée à l’abolition de la peine de mort en Tunisie, le 18 décembre 2013.

Organisée à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, cette conférence a réuni plusieurs spécialistes tels que le constitutionnaliste tunisien Yadh Ben Achour, le journaliste et écrivain Samy Ghorbal, co-auteur du "Syndrome de Siliana", ainsi que l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Ounaïes, président de l’Association tunisienne pour les Nations unies.

JPEG - 76.7 ko
"La Tunisie est un des lieux essentiels du combat pour l’abolition de la peine de mort" R. Badinter.

Robert Badinter, auteur de la loi française sur l’abolition de la peine de mort de 1981, a rappelé la tendance générale vers l’abolition universelle. En 1981, la France était le 35ème pays à abolir la peine capitale. Trente ans plus tard, le monde compte près de 150 pays abolitionnistes, en droit ou en fait.

"La Tunisie, où aucune exécution n’a eu lieu depuis plus de vingt ans, est aujourd’hui l’un des lieux essentiels du grand combat pour l’abolition de la peine de mort" a déclaré Robert Badinter.


Regarder son histoire pour construire une démocratie pacifiée

Robert Badinter a participé à la clôture du colloque organisé par la Coordination nationale indépendante pour la justice transitionnelle, les 17, 18 et 19 décembre 2013 à l’Hôtel Africa, sur "Les violations des droits de l’Homme en Tunisie depuis 1956 : entre histoire et mémoire".

JPEG - 103.3 ko
Intervention de Robert Badinter lors de la clôture du colloque.

En présence de l’ambassadeur de France François Gouyette, Robert Badinter a participé à la cérémonie de clôture de cet évènement et s’est exprimé sur l’importance de la justice transitionnelle. Il a salué le courage des Tunisiens engagés dans la recherche de la vérité, parfois douloureuse, mais indispensable à la construction de la démocratie.

JPEG - 119.9 ko
L’ambassadeur François Gouyette assiste à la cérémonie de clôture.

"Regarder la vérité est très difficile car on apprend ce que l’on n’aurait jamais voulu connaître mais c’est indispensable dans une démocratie."

JPEG - 89.3 ko
François Gouyette et Robert Badinter.

"Quand la Tunisie sera arrivée au bout de ce chemin, elle pourra aller de l’avant et elle aura donné un exemple rare de courage moral" poursuit-il avant de conclure en précisant qu’une fois ce processus de justice transitionnelle terminé, "la Tunisie aura eu l’audace et la vertu de regarder ce qui est advenu pour tourner la page et vivre ensemble".

Pour lire les meilleurs passages du discours de Robert Badinter, cliquez ICI.

JPEG - 110.2 ko
Robert Badinter accompagné des conférenciers intervenant lors de la clôture du colloque.

Ce déplacement fut également l’occasion pour l’ancien garde des Sceaux de s’entretenir avec le chef du Gouvernement Ali Larayedh, le ministre de la Justice Nadhir Ben Ammou et le ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle Samir Dilou, et d’échanger avec eux sur les enjeux de la transition et les perspectives d’une abolition de la peine de mort en Tunisie.

JPEG - 101.8 ko
Robert Badinter rencontre Samir Dilou.

Dernière modification : 23/06/2014

Haut de page