Visite de la maire de Paris après l’attentat du Bardo

Le 21 mars 2015, la maire de Paris s’est déplacée à Tunis avec son adjoint en charge des relations internationales Patrick Klugman.

Anne Hidalgo s’est immédiatement rendue à la municipalité de Tunis où l’attendait le maire Seifallah Lasram. À l’issue de leur entretien, elle a annoncé de premières mesures de soutien concret.
Puis les deux maires sont allés ensemble se recueillir sur les lieux de l’attentat.
Avant de regagner Paris, Anne Hidalgo a été reçue par le chef du Gouvernement Habib Essid.

Parallèlement, une commémoration s’est déroulée le jour-même à Bobigny, dans le cadre des cérémonies prévues pour la Fête de l’Indépendance par l’ambassade de Tunisie. Bertrand Delanoë, maire honoraire de Paris, et Bruno Julliard, premier adjoint à la Maire de Paris, étaient présents.

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Anne Hidalgo entre le maire de Tunis Seifallah Lasram et l’ambassadeur François Gouyette

Rencontre avec les médias tunisiens

Je suis venue apporter non seulement le soutien et l’affection des Parisiens mais aussi témoigner auprès de la ville de Tunis, auprès de son maire et de ses habitants, que les liens entre nos deux villes sont forts. Ils sont forts depuis longtemps et vous avez même eu un maire tunisien à Paris. Bertrand Delanoë, aujourd’hui maire honoraire de Paris, a longtemps développé ce partenariat et cette relation amicale entre Tunis et Paris.

Aujourd’hui, je viens suite à ces évènements tragiques, à ces actes terroristes qui ont voulu porter atteinte à un pays démocratique, la Tunisie, à une ville moderne, une ville engagée dans les défis de son siècle. Ce que les terroristes ont voulu atteindre, c’est sans doute ce processus démocratique, ce processus d’ouverture, ce besoin pour la Tunisie d’être ouverte, y compris sur le plan économique, pour donner les opportunités nécessaires aux jeunes.

Mon soutien est un soutien affectif. C’est un soutien au nom de cette relation très ancienne entre Paris et Tunis, au nom aussi d’une communauté parisienne parmi laquelle vivent beaucoup de ressortissant tunisiens, souvent des binationaux. Je sais combien, dans ce moment tragique, beaucoup d’entre eux ont été atteints par ces actes de terrorisme.

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Anne Hidalgo reçue par le chef du Gouvernement tunisien Habib Essid

À Paris, nous avons, dès que l’attentat a été connu, émis des messages de solidarité sur l’ensemble des panneaux d’information de la ville. Hier, j’ai demandé que nous puissions pavoiser l’hôtel de ville avec les drapeaux tunisiens puisque cela coïncidait avec la fête nationale tunisienne. Ces signes d’amitié touchent, je crois, l’ensemble des Parisiens et aussi les Parisiens très nombreux qui ont un lien fort avec la Tunisie et avec Tunis.

Notre relation est affective. Elle est aussi très concrète puisque Paris et Tunis font partie d’une même organisation des maires francophones. Cette organisation soutient plusieurs projets du maire de Tunis et tiendra son assemblée générale en octobre 2015, ici, à Tunis. C’est une décision qui a été prise en décembre dernier, lorsque nous étions réunis à Kinshasa, et je confirme que cette réunion aura bien lieu ici à Tunis. Nous allons travailler dans cette solidarité, dans cette belle amitié, en posant des actes très concrets pour donner aux jeunes de Paris et de Tunis des horizons qui soient de vrais horizons d’avenir, d’opportunités, et pas cet horizon de mort que certains d’entre eux choisissent.

Nous sommes là pour ouvrir ces champs de possibilités. Nous sommes là pour agir, pour qu’ils se sentent attirés par les valeurs humanistes et démocratiques que nos deux villes incarnent et non pas par des logiques qui nient toute humanité.

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Dans le hall du musée du Bardo

Question : Mme Hidalgo, qu’est-ce que vous dîtes aux Parisiens qui avaient éventuellement prévu de visiter la Tunisie cet été ?

Réponse : Il faut s’engager auprès de ce beau pays. Ce que les terroristes ont voulu atteindre, c’est cet essor du tourisme. On sait que la Tunisie est un pays très touristique et ils ont voulu atteindre cela. Donc, je souhaite vraiment que chacun et chacune s’engage, ne laisse pas tomber ce type de projets. La découverte de ce pays, de ses sites, de son histoire est quelque chose de magnifique. J’ai d’ailleurs proposé au maire de Tunis la possibilité de faire une campagne d’affichage publicitaire pour vanter les charmes et les mérites de la Tunisie à Paris. Cela fait partie des actes concrets sur lesquels nous allons travailler. Donc je les encourage à venir !

Entretien avec la télévision nationale tunisienne

Nos liens très forts ont permis de construire non seulement de l’amitié mais aussi des actions très concrètes. Aujourd’hui, Tunis est à l’épreuve comme Paris l’a été. Lorsque Paris a été touché par les attentats, le maire de Tunis m’a immédiatement apporté son soutien et je tenais à faire de même.

Et puis nous partageons des valeurs, nous partageons une langue aussi, nous partageons la démocratie et nous savons qu’il faut imaginer des solutions qui permettent aux jeunes de trouver leur avenir dans nos démocraties. Nous avons donc évoqué plusieurs sujets concrets qui vont dans ce sens-là.

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Anne Hidalgo en conversation avec le conservateur du musée du Bardo Moncef Ben Moussa

Dans l’épreuve, nos relations sont encore renforcées. Puisque les terroristes ont voulu atteindre la Tunisie en tant que terre de tourisme et d’ouverture à d’autres peuples, ce qui représente un poumon économique très important, j’ai proposé qu’on puisse utiliser les panneaux d’affichage de Paris pour faire une campagne d’information et de publicité sur la Tunisie comme destination touristique.

Je pense que ces relations concrètes ne vont que se conforter. En tant que présidente de l’Association des maires francophones, je confirme qu’en octobre 2015 se tiendra ici, à Tunis, l’assemblée générale de tous les maires de la francophonie. C’est aussi une façon de dire que le terrorisme n’aura pas le dernier mot. Nous sommes plus forts, les peuples démocratiques sont plus forts que les terroristes.

Sur le secteur touristique, il ne faut qu’il y ait après cet attentat une peur, une crainte des tours opérateurs et des touristes eux-mêmes. Il faut les inciter à venir. Il faut que les touristes français viennent en Tunisie. Il faut que la Tunisie reste l’une des belles destinations que les touristes français aiment. Il faut faire mentir tous ceux qui voudraient refermer les peuples sur eux-mêmes et donc oui, il faut venir en Tunisie pour les vacances.

Je vais, bien sûr, me rendre tout à l’heure sur le lieu de l’attentat et être dans la solidarité. Le seul message que je veux faire passer, c’est que les démocraties sont plus fortes que les terroristes.

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Album photo

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Dernière modification : 02/02/2016

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