Voyage d’étude des élèves commissaires de l’Armée de terre

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Les élèves commissaires de l’armée de terre française ont effectué en mai 2009 un voyage d’étude en Tunisie qui constituait l’une des dernières étapes de leur scolarité, avant de rejoindre leur affectation cet été.

Ce type de voyage poursuit plusieurs objectifs :
- découvrir l’armée d’un pays ami,
- favoriser l’ouverture sur les cultures étrangères,
- familiariser avec la diplomatie française,
- renforcer la cohésion entre les élèves de l’école.

Au cours de leur séjour en Tunisie, les élèves commissaires français ont pu visiter l’École nationale d’administration, l’École d’état-major, la base principale de Bizerte et le musée militaire de Mareth, dans le Sud tunisien.

L’Ambassadeur de France en Tunisie leur a expliqué le fonctionnement d’une ambassade tandis que la Conseillère de coopération et d’action culturelle, le chef de la Mission économique française en Tunisie et l’Attaché de Défense ont développé les différents aspects du partenariat entre les deux pays.

La dimension culturelle n’a pas été oubliée dans la mesure où les élèves commissaires ont pu s’arrêter à Matmata, où ils ont découvert les habitations troglodytes, et visiter le célèbre colisée d’El Jem remontant à la période romaine.

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Présentation de l’EMSAM

L’École militaire supérieure d’administration et de management a été créée en 2001. Elle représente le creuset unique de formation du personnel de l’Armée de terre dans quatre grands domaines :

- sciences administratives ;
- comptabilité, budget et finances ;
- gestion des ressources humaines ;
- règlementation et activités juridiques.

Appartenant au Réseau des grandes écoles du service public (RESP), l’EMSAM forme des étudiants de haut niveau appelés à exercer des responsabilités importantes au sein de l’Armée de terre.

L’école accueille à la fois :
- des officiers en formation initiale (les commissaires) ;
- des officiers suivant un cursus d’adaptation (les officiers du corps technique et administratif) ;
- des officiers de l’enseignement militaire supérieur (officiers en scolarité de diplôme technique ou officiers étrangers du cours supérieur du commissariat).

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Formation initiale des commissaires de l’Armée de terre

Recrutés sur concours, ces jeunes officiers sont appelés à exercer des responsabilités de directeur administratif et financier et à tenir des fonctions d’audits et de conseiller du commandement.

Pendant leur scolarité de deux années à l’EMSAM, ils reçoivent une formation militaire et une formation académique. Dans le cadre de
cette dernière, ils suivent un cursus de master 2, en partenariat avec les universités de Montpellier.

Dans l’ensemble des formations de l’Armée de terre (régiments ou états-majors) comme en détachement dans d’autres ministères (notamment le ministère des Finances ou les préfectures), les commissaires occupent de nombreuses fonctions d’encadrement et de direction dans les environnements les plus divers : directeur administratif et financier, auditeur des comptes, acheteur public, contrôleur de gestion, conseiller juridique du commandement, officier d’état civil en opération extérieure, spécialiste financier en état-major international…

Ils sont appelés à participer, au côté des armées alliées, aux différentes missions de maintien de la paix sous mandat de l’ONU, de l’OTAN ou de l’UE : complètement intégrés aux forces armées déployées, ils contribuent directement à l’amélioration des conditions de vie des populations locales.

La formation des commissaires de l’Armée de terre se poursuit tout au long de leur carrière. Au cours de ses deux années de formation initiale à l’EMSAM de Montpellier, le commissaire devient titulaire d’un master 2 délivré par la faculté de Montpellier I et accède au grade de commissaire-lieutenant. En interne, le diplôme d’état-major et le Collège interarmées de défense ponctuent une formation supérieure de haut niveau qui lui permet d’atteindre les grades les plus élevés de la hiérarchie.

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Le symbole du commissariat au sein des armées est la feuille d’acanthe,
symbole de culture au Moyen-Âge, que l’on retrouve sur les tenues des commissaires. Le concours du commissariat commun aux trois armées fait une large place à la culture générale et, tout au long de
sa carrière, le commissaire entretient sa culture pour laquelle il est réputé dans l’ensemble des corps d’armée.


Caractéristiques de la XXIVe promotion

Avec des élèves issus de toutes les régions de France et de pays
étrangers, la XXIVe promotion de commissaires de l’armée de terre réalise une mixité parfaite, réunissant de jeunes officiers, hommes et femmes, de toutes origines.

Elle a pris le nom de promotion "Commissaire ordonnateur Boinod", en hommage et par référence à Jean Daniel Mathieu Boinod, intendant militaire né le 29 octobre 1756 à Vevey, dans le canton suisse de Vaud, et décédé le 28 mai 1842, à Paris.

Après avoir exercé le métier d’imprimeur-libraire, Jean Daniel Mathieu Boinod s’engage en 1792. Il fait la connaissance du jeune Napoléon Bonaparte pendant le siège de Toulon, une relation qui résistera à toutes les épreuves.

Il participe à l’expédition en Égypte, à la campagne d’Italie et devient inspecteur en chef en 1810 avec grade de général. Fidèle à Napoléon, il le suit dans son exil à à l’île d’Elbe. Il revient en France avec l’Empereur qui le nomme inspecteur en chef aux revues de la garde impériale en 1815.

Rayé des effectifs après la seconde abdication, il est obligé d’accepter, pour faire vivre sa famille, le modeste emploi d’agent spécial de la manutention des vivres de Paris. En douze ans, il apporte d’immenses améliorations dans ce service, réalisant d’importantes économies pour l’État tout en améliorant considérablement la nourriture des soldats.

Après la révolution de juillet, nommé président de la commission des anciens fonctionnaires militaires, il reprend son rang d’intendant militaire et devient commandeur de la Légion d’honneur.

De nombreuses anecdotes illustrent la probité exemplaire du commissaire ordonnateur Boinod. Ainsi percevait-il 12.000 francs par mois pour frais de bureaux en tant que premier administrateur de l’Italie. Après quelques mois de service, il se rendit compte que 6.000 francs lui suffisaient et remboursa le surplus au Trésor.

Pendant qu’il était au ministère de la guerre du royaume d’Italie, Napoléon 1er mit à sa disposition des fonds qui ne furent pas tous employés. Le reliquat se montait à une somme d’environ 100.000 francs qu’il persista à rendre au Trésor, en dépit de l’opposition de l’Empereur.

Jean Daniel Mathieu Boinod était également réputé pour ses principes inflexibles. C’est ainsi qu’il fut le seul vétéran de la vieille armée d’Italie à protester par un vote négatif contre le consulat à vie, ce dont Napoléon Bonaparte ne lui tint pas rigueur.

Dernière modification : 04/07/2014

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