Le travail saisonnier peut concerner aussi bien les métiers du tourisme, de l’hotellerie et de la restauration que les activités agricoles. Cependant, un travail est considéré comme saisonnier uniquement lorsqu’il est effectué chaque année à la même période, et qu’il est suivi d’une phase d’inactivité dans le secteur professionnel considéré (agriculture, hôtellerie, tourisme estival ou hivernal, agro-alimentaire, etc.).
À la condition qu’il n’y ait pas de main d’œuvre qualifiée et disponible sur le territoire national, les employeurs français peuvent faire appel à des travailleurs étrangers originaires de pays avec lesquels la France a passé un accord de main d’œuvre (Tunisie, Maroc et Pologne).
Suite à l’accord sur la gestion concertée des migrations signé par la France et la Tunisie en avril 2008, les travailleurs saisonniers tunisiens obtiennent désormais un titre de séjour pluriannuel qui leur permet d’effectuer trois saisons consécutives à condition de justifier chaque année d’un contrat de travail.
Le recrutement des travailleurs saisonniers se fait à la demande des employeurs, à la condition qu’il n’existe pas de main d’œuvre qualifiée et disponible sur le territoire national.
Lorsque l’employeur souhaite faire appel à un travailleur saisonnier tunisien dépose sa demande d’embauche auprès de la Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP).
Uun employeur peut demander le retour en France de travailleurs qu’il avait embauchés l’année précédente.
La durée du contrat saisonnier signé par un étranger ne peut être supérieure à 6 mois sur une durée de 12 mois consécutifs, avec des exceptions dans le secteur de la production agricole où cette durée peut être portée à 8 mois (arrêté du 5 juin 1984).
Dans le cas des saisonniers tunisiens et marocains, la durée du contrat ne peut être inférieure à 4 mois.
Avant de partir, les saisonniers tunisiens signent avec l’Agence natioanle de l’accueil des étrangers et des migration (ANAEM) un document par lequel ils s’engagent à revenir en Tunisie à la fin de leur contrat et à se présenter dans les bureaux de l’ANAEM à Tunis, afin de faire constater leur retour.
L’aptitude médicale au travail des saisonniers est vérifiée lors d’une visite médicale obligatoire.
Après la remise du visa par le Consulat de France, les saisonniers sont acheminés par avion par les services de l’ANAEM.
Un "contrat d’introduction en France" portant le cachet de la Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP) est remis au saisonnier par l’ANAEM. Ce document lui donne le droit d’exercer l’activité professionnelle prévue, chez l’employeur avec lequel a été signé le contrat.
Le contrat de travail précise les tâches à effectuer, le salaire, les primes, la convention collective applicable et la période d’essai (une journée par semaine travaillée, avec un maximum de deux semaines d’essai pour un contrat de moins de six mois.
L’employeur doit déclarer l’emploi à l’URSSAF et remettre un exemplaire de la déclaration à son employé.
Comme tout salarié, un saisonnier travaille 35 heures par semaine et peut effectuer des heures supplémentaires rémunérées.
Les conditions de travail, de rémunération minimum (SMIC) et de logement doivent répondre aux normes en vigueur en France. En cas de doute, une enquête est menée à la demande de la DDTEFP.
L’employeur dépose une offre d’emploi à l’ANPE ou auprès d’un autre organisme car il recherche, sur le marché du travail local, des candidats pouvant remplir les fonctions demandées.
Si aucun demandeur d’emploi ne peut satisfaire l’offre, l’ANPE délivre une attestation qui permet à l’employeur de déposer un "dossier d’introduction" à Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP) qui est chargée d’assurer le respect de la réglementation.
Le dossier se compose notamment d’une fiche de renseignements, du contrat de travail type en 3 exemplaires et de l’engagement à verser la redevance due à l’ANAEM.
| Secteur d’activité | Durée du contrat | Redevance |
|---|---|---|
| Agriculture | moins de 2 mois | 158 € |
| entre 2 et 4 mois | 194 € | |
| entre 4 et 6 mois | 336 € | |
| prolongation | à calculer | |
| Industrie et commerce | tous contrats | 400 € |
Une fois le contrat de travail visé par la DDTEFP, le dossier d’introduction est transmis à l’ANAEM qui prend en charge l’acheminement en France des saisonniers.
Dans les huit jours précédant la date prévisible du début de contrat, l’employeur effectue, auprès de l’URSSAF ou de la Mutualité sociale agricole, une déclaration unique d’embauche, comprenant la déclaration préalable à l’embauche.